STURGEON Théodore - Cristal qui songe : Sacrédié !
Titre : Cristal qui songe
Auteur : Théodore STURGEON
Note : 5. Livre fantas... tique
A la suite de violences parentales, Horty Bluett quitte la maison. Il emmène avec lui, en tout et pour tout, son fidèle diable à ressort, Junky. Quelques temps plus tard, il fait la connaissance d’une bande pas banale. Il intègre très vite avec eux, la vie en communauté au sein d’un cirque. Cependant, le directeur appelé Cannibale ne se laisse pas facilement apprivoisé et plonge la petite société dans une peur froide et intense. Tant bien que mal, Horty, aidé par Zena, Bunny, la Havane et bien d’autres, va se construire petit à petit. Jusqu’au jour, sous le prétexte incongru de l’existence de Cristaux, Horty va être de nouveau abandonné par sa nouvelle famille. Les Cristaux rêvent et Horty court. Chacun doit protéger sa vie…
Sturgeon nous délivre une histoire très palpitante où le thème de la différence est servie sur plateau. Confiné aux abords de la vie de phénomènes de foire, le lecteur est entrainé dans un monde où les atmosphères sont prenantes, où l’on reste dans un endroit brumeux et quelque peu cruel. Nous suivons le trépidant d’Horty qui bien malgré lui, se retrouve au centre d’étranges affaires. La vision des Cristaux, leur existence et leur fonctionnement demeure le point d’orgue magnifique de ce récit. Oserez-vous plonger dans ce livre énigmatique ?
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Critique approfondie
Horty Bluett a 8 ans quand il fugue. Il vient d'essuyer une énième colère de son père adoptif et de perdre trois doigts à la suite des violences subies. Il a 8 ans, se retrouve en pleine rue, la nuit. Par hasard, il croise son amie Kay Hallowell, lui dit au revoir et la promesse de la revoir.
Et voilà un camion qui déboule, des étranges inconnus qui le prennent sous leur aile et l'embarquent vers des chemins inconnus. Propulsé dans un bar, il rencontre la bande. Ces gens marginaux, certain à la peau verdâtre, d’autres de petites tailles, l’adoptent. Après l’accord de Cannibale, le propriétaire du cirque, Horty va trainer ses savates et se construire grâce à la vie en communauté foraine. Au sein de cette famille de cœur, Horty va partager son temps, son attachement et développer son don de mémoire eidétique. Mais est-ce la seule facilité qu’il possède ? Pourquoi le directeur du chapiteau est-il surnommé Cannibale ? Pourquoi la troupe entière tremble devant lui et se bouche les oreilles aux gémissements d’étranges cristaux vivants ? Les phénomènes ne sont pas forcément « du cirque »…
¨˜"°º• Rêve minéral
Très vite, nous sommes plongés dans cette famille au grand cœur. La micro société que représente le cirque est peuplée de « monstres » très attachants. Ces freaks et autres énergumènes de foire apprendront la vie à Horty. Notre jeune garçon va évoluer parmi les gentils et les méchants. Une pression forte, une impression irréaliste tournent et planent autour de son noyau de vie. Heureusement, Horty garde encore son point d’attache, un diable à ressort reçu à l’orphelinat. Horty entretient des relations très fortes avec Junky et y tient comme à la prunelle de ses yeux.
Horty c’est le gamin que tu vas voir grandir sous tes yeux que t’y crois pas ! Gentillesse et générosité sont son leitmotiv mais il va être désarçonné, rejeté à plus d’un titre.
Le Cannibale, ex Pierre Ganneval n’est pas étranger à l’atmosphère pesante qui plane sur le cirque. Ce grand misanthrope a depuis longtemps été déçu par la cause humaine. Délaissant l’être humain dans toute sa splendeur, il s’intéresse davantage à des bizarreries scientifiques.
Le Cannibale, c’est le méchant de l’histoire. Mais méchant-méchant. Un vrai de vrai. Que t’aimerais même pas le croiser dans tes pires cauchemars. Enfin, bref, avec l’ingéniosité et la cruauté dont il fait preuve, tu vas en rester plus que baba.
Famille recomposée de membres rejetés par toute structure sociale, le cirque se compose de freaks et autres énergumènes de foire. Nous croisons tantôt des hommes à la peau verdâtre, tantôt des hommes sans poumon, et quelques nains au physique particulier. Ces « monstres » très attachants n’en représentent pas moins une micro-société. Ce sont ces gens montrés du doigt qui vont apprendre le plus à Horty et vont lui permettre de traverser les obstacles qu’il rencontre.
Enfin et non des moindres, des personnages pas forcément « principaux » en terme où on l’entend, mais non moins cruciaux, les Cristaux. C’est autour de ces « objets » que se forge notamment l’intrigue. Ces derniers vivent, communiquent, ressentent la douleur, sont faits "de chair, sève, bois, os et sang" et construisent des rêves épatants. Leur communication reste énigmatique, et c’est certainement bien là-dessus que naissent affabulations et machiavélisme.
Bien que pour certains lecteurs, le Cannibale est une pâle copie mal réussie d’un vrai méchant ; je n’en démords pas, que je n’aimerai pas le croiser en vrai. Le véritable défaut, cependant mineur, réside pour moi dans le statut presque immuable de "gentil" et de "méchant" des personnages. Dommage…
Cependant, et cela est sans doute le plus gros point positif de ce roman à mes yeux, la vie des Cristaux est splendide et j’admire l’imagination de Sturgeon. Leur existence atteint quelque sommet poétique et c’est un vrai délice de se délecter des paragraphes (pseudo ?) scientifiques et des envolées exaltées que l’auteur manifeste.
¨˜"°º• Idéaux achevés
Bien sûr, plusieurs thèmes sont abordés par cette histoire et la plus grande réside en l’image forte de l’humanité et de ses valeurs. La marginalité montre la double facette indispensable de vivre et survivre. Dans le bouquin, on en arrive presque à la lutte du bien contre le mal. Mais il n’en demeure pas moins que pour (sur)vivre, il faut alors avoir la faculté d’adaptation. Marche ou crève en quelque sorte… J’ajouterai qu’on retrouve même une vision poétique voire une hymne à la différence.
Une de mes plus grandes interrogations au fil des pages a été de me demander quand l’horreur (et secondairement la méchanceté) allait arriver. Sturgeon a su mettre en place des atmosphères en très peu de temps, et qui enveloppent entièrement le lecteur. Souvent on tâtonne, on reste dans la brume. Et grâce à une intrigue plus que palpitante, on se questionne beaucoup. Sturgeon a su distiller avec succès les informations, garder de grands mystères ; actes qui participent au "pourquoi ?" général.
Dans le cadre de la lecture commune du Cercle d’Atuan, les débats ont été riches et passionnés, les différentes théories qui entourent Horty, Junky et les Cristaux (ainsi que le rôle des personnages secondaires) ont eu la belle part de nos bavardages. Il va sans dire que les interprétations des écrits ont été différentes d’une personne à l’autre. Relativement jouissif !
El Jc a très bien définit la plume de Sturgeon via le forum, « aspect humaniste et bouleversant et ce avec une grande économie de mots ». La fluidité du style n’est pas en reste et le charme étrange du bouquin participe à accrocher à l’histoire. On apprend aussi, que c’est le roman le plus réussi et le autobiographique de Sturgeon, car il se vouait à la culture physique plus jeune, dans l’objectif de devenir acrobate. Malheureusement, la vie en a décidé autrement…
¨˜"°º• Autres petits acharnements
¤ Petite biographie via Wikipedia
Théodore Sturgeon, de son vrai nom Edward Hamilton Waldo ou Edward Waldo, est né le 26 février 1918 et mort le 8 mai 1985. C'est un écrivain américain de fantastique et de science-fiction, dont le talent s'est exprimé à travers de nombreuses nouvelles et quelques romans.
Plus que son style, l'ambiance et les thèmes abordés dans ses écrits font de cet auteur un cas particulier dans l'univers de la SF et du fantastique. Certains parlent à juste titre d'un univers "Sturgeonien". On retrouve dans ses écrits des traces d'événements de sa propre vie qu'il a explorée d'une manière presque « thérapeutique » pour en faire quelques chefs d'œuvres, où l'humain prime toujours…
¤ Adaptation :
La chaîne américaine de télévision HBO de 2003 à 2005 a diffusé un feuilleton de 24 épisodes en deux saisons inachevées. Ce dernier repose sur deux romans de Sturgeon et se nomme « Carnivale » (fête foraine). La référence à l’auteur a été volontairement mise de côté afin que le public ne soit pas assujetti aux préjugés de la littérature sturgeonienne qui avait créé des scandales dans les années 1950 (le thème de la différence, on en parlait quelques paragraphes au dessus). Sans oublier que des références aux œuvres originelles, l’adaptation n’en garde plus grande trace afin de mieux coller aux envies d’un public qu’on voulait massif.
¤ Extrait :
Horty poussa doucement Junky sur le pupitre e pressa un bouton usé sur le côtté du cube de bois. Violemment d’abord, puis en hésitant sur son ressort rouillé et enfin avec une sortie de défi triomphant, Junky émergea de sa prison. C’était un diable à ressort, reliquat d’une génération aux mœurs innocentes. Il avait une tête de polichinelle dont le nez crochu tout écaillé rejoignait presque le menton pointu. Dans la mince fente qui les séparait s’étalait un sourire chargé d’expérience.
Toute la personnalité de Junky (et c’était la raison principale de l’affection que lui portait Horty) résidait dans ses yeux. Ils semblaient faits d’une sorte de verre teinté, moulé ou taillé à arêtes mousses, qui, même dans une chambre obscure, avait un reflet, un scintillement étrange et complexe. Maintes et maintes fois Horty avait cru constater qu’ils possédaient une espèce de rayonnement propre – mais il n’avait jamais pu en être tout à fait sûr.
_ Bonsoir, Junky, murmura-t-il.
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La lecture de ce livre s'est réalisée dans le cadre du Cercle d'Atuan.
Retrouvez les critiques des membres :
Calenwen, Chimère, El Jc, Olya, Ryuuchan, Spocky, Tigger Lilly.
¤ Ainsi que la critique disponible chez Sandrine (mesimaginaires),
¤ et Nebal avec un bien bel article sur Sturgeon.
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TENOR Arthur - Félin, le Sorcier de Brocéliande : Miserabilus Sorcellicucus
Titre : Le Sorcier de Brocéliande (Félin, l'agent secret médiéval)
Auteur : Arthur TENOR
Note : 4. Livre à découvrir
A la suite des douleurs déclenchées par Hugues de Montbrisac, Maitre Pirus, son alchimiste reçoit un étrange message. Barabas Obscurum le prie de respecter sa promesse vieille de cinquante an: assumer un duel final. C'est donc une petite équipe, composée d'Isabeau, la fille de Sir Hugues; Maitre Pirus, le chevalier surnommé le Félin et son écuyer Gilles qui part en Brocéliande affronter ce maléfique sorcier. Cependant, ils ne sont pas à bout de leurs surprises, Obscurum est prêt à tout pour gagner... mais c'est sans compter sur l'agent secret le Félin !
Cet roman jeunesse est truffé d'actions et missions en tous genres. Pas de repos pour le lecteur qui suit assidument les aventures de Félin, agent secret. Avec une équipée de bras cassés, les voilà partis pour un Brocéliande un peu particulier. Les fées se font discrètes, mais les énigmes et les pièges sont nombreux ! Action & Humour sont au rendez-vous pour nous séduire !
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Critique approfondie
Me voici avec un petit roman (si court, 160 pages!) qui ne paye pas de mine. Cet exemplaire est corné, il a voyagé, il a été trimballé malgré lui, mais tellement aimé ! Digne d'une lectrice consciencieuse, voici dans mes mains, un livre qui a tant plu à son propriétaire et qui a une très grande valeur de sa dédicace. Je vous emmène au temps du Félin...
¨˜"°º• Coliques frénétiques...
En terres d'Auvergne, Hugues de Montbrisac souffre le martyr sous des douleurs inquiétantes et mystérieuses, serait-ce réellement des coliques frénétiques? L'alchimiste, Maitre Pirus se révèle désemparé car il ne peut soigner son fidèle seigneur.
Un aigle arrive sur ces entrefaites et délivre un message à Maitre Pirus: voilà maintenant cinquante ans, ce dernier avait défié en duel final un sorcier misérable, Barabas Obscurum. Ils s'étaient tous deux querellés au sujet de la primauté des sciences occultes ou de la magie blanche; Sir Hugues avait mis fin à cette scène en défenestrant Obscurum.
C'est aujourd'hui que Obscurum vient réclamer son dû: une promesse est une promesse. Une équipe d'Auvergnats se forme: Maitre Pirus l'alchimiste, Isabeau de Montbrisac, fille tant aimée de Sir Hugues et pour les protéger Yvain le Bra dit le Félin un chevalier et son écuyer Gilles. Ils s'en vont alors en Petite Bretagne, retrouver leur hôte Sir Monfoënan pour affronter le cruel Obscurum. Ce dernier n'a pas dit son dernier mot; habitué aux sciences occultes, il voit en Damoiselle Isabeau, la chance inouïe d’accroître ses pouvoirs et satisfaire son dieu. Il est prêt à tout -et surtout à la triche - pour gagner son duel et assouvir ses besoins personnels.
¨˜"°º• ... et autres chevaliers teutons
Notre bande auvergnate se compose d'un sir bien mal au point, Hugues de Montbrisac. Il espère bien que le Maitre Pirus, Isabeau, le Félin et son écuyer résoudront le mystère qui entoure ses douleurs.
Maitre Pirus, alchimiste de métier n'aurait jamais cru que des paroles lancées innocemment à 152à le conduirait aujourd'hui à mettre sa vie en jeu. Tout jeunot à l'époque, il s'en veut terriblement d'avoir eu la tête brûlée.
Isabeau Montbrisac, damoiselle et fille unique du sir Hugues, se joint à l'aventure avec engouement. Ce n'est certainement pas la place d'une telle personne, mais Isabeau, elle, s'en fout. Heureusement, elle requiert de talents qui ne seront pas de trop !
Gilles, est l'inestimable écuyer du Félin. Avec la tête dans la lune, cette aventure se révélera être pour lui, une bien belle mission-catastrophe !
Le chevalier Yvain Bréa, appelé le Félin se retrouve agent secret bien malgré lui. Pour protéger toute la petite troupe mal troupée, il va devoir faire face à bien des dangers. Habillé d'une belle armure, personne ne se doute qu'elle regorge de 1001 secrets et autres gadgets. Ses gants possèdent en outre, des griffes rétractiles et le Félin est reconnaissable à son heaume en forme de tête de panthère ! Notre protagoniste ne va laisser personne indifférent dans cette bien belle épopée.
¨˜"°º• Outremesure
Ce roman, à lire à partir de 9 ans ne laisse pas la place aux longueurs. Les actions s'enchainent rapidement, et les dialogues sont nombreux. C'est un véritable bonheur que je retrouve à chaque fois avec les livres jeunesse: le suspens est maintenu. Il arrive à nos pauvres personnages, une aventure pas très rigolote qui se détériore à cause de nos bras cassés. Arthur TENOR arrive à mélanger action et humour dans un cadre idéal !
Comme nous sommes au moyen-âge, Arthur TENOR nous a concocté un récit un peu médiévalisé, sans pour autant tomber dans la lourdeur littéraire, nous avons quelques expressions comme "avant peu" "a none", "en nos terres", etc. Le vocabulaire de certains outils ou techniques médiévales est tout gentiment expliqué en astérisque en pied de page. (de quoi s'amuser en se culturant).
Bref, non seulement j'ai été tenue par l'histoire mais je me suis retrouvée à glousser plusieurs fois; car l'humour est présent par petites touches, quelques fois pas très fine (ou très terre à terre, mais ce qui a le don de me faire sourire), mais tellement agréables que je relisais les phrases juste par plaisir.
Bref, vous allez atterrir dans un Brocéliande comme vous ne l'avez jamais vu. Certes, le petit peuple et autres dames du lac sont présents, les objets abracabrants tels que les Fioles Renversantes, les Hurlantes-de-l'Epouvantes et les Bâtons-de-feu, aussi. Mais ce Brocéliande là, est complètement loufoque ! Vous comprendrez qu'ici, on peut avoir des pincements au nombril, des chats bretons dans la gorge; que les damoiselles peuvent avoir le regard-qui-tue et que Lancelot, franchement... il est vraiment moche !
Le livre est ponctué de plusieurs illustrations... une pour chaque début de chapitre. Le livre n'en comptant pas moins de 16, c'est un vrai bonheur de les zieuter !
Le titre "outremesure" car malheureusement, j'emploie ce mot bien trop fréquemment... et pour la première fois, je l'ai croisé dans un livre, celui-ci. Alors, je ne pouvais qu'en parler !
¨˜"°º• Arthur TENOR
Christian Esplaf est considéré comme un auteur de littérature de jeunesse. Ancien instituteur, il écrit maintenant pour toutes les tranches d'âge et est aussi réputé pour ses récits historiques (les deux guerres mondiales, le siècles des lumières,le moyen-âge...). Auteur auvergnat, il se décrit comme "explorateur de l'imaginaire" et a remporté le Prix Jeunesse du Salon du Livre d’Histoire de Senlis en 2006 pour La Table de feu. "Le Félin, agent secret médiéval" s'avère être une série de plusieurs livres dont "Le sorcier de Brocéliande" demeure le plus connu.
Le blog de l'auteur: http://arthurtenor.canalblog.com/
¨˜"°º• Extraits
_ Ma parole, s'inquiète l'alchimiste, on les croirait capables de nous attaquer, et commes des harpies, de nous réduire en charpie.
_ Très jolie rime, le félicite le chevalier. Rassurez-vous mon cher ami, j'ai dans mes fontes... ici, assez de Hurlantes-de-l'épouvante, pour les chasser... séance tenante !
_ Hum, pas mal.
Un petit personnage rondouillard trottine à leur rencontre. Tout essoufflé, il s'incline et se présente:
_ Messires, soyez les bienvenus au manoir du grand Barabas Obscurum ! Je suis Sigu, son humble bras droit qui l'assiste en tout et dont il ne peut se passer, soit dit en passant modestement. Suivez-moi, mes bons seigneurs.
Il exécute une génuflexion grotestque, et le voici qui se remet à trotter, à reculons !
_ On ne tourne jamais... pff, pff... le dos à un visiteur...pff, pff... de grande marque, explique-t-il en soufflant.
_ Qu'y a-t-il? s'enquiert Yvain.
_ Eh bien... j'ai cru voir...Dites-moi, sire Yvain, cette boisson âcre que nous a servie notre hôte, le chouchou-quelque chose.
_ Le chouchen.
_ Oui, c'est cela.
Précisément, [le savant] demande au châtelain s'il sait comment entrer en contact avec des druides.
_ Voilà quelques lustres, j'en ai connu un, explique-t-il, aussi sage qu'un chêne centenaire. Malheureusement, depuis je n'en ai plus jamais revu et ce serait un vrai bonheur de pouvoir échanger avec ces esprits éclairés.
_ Mais bien sûr ! répond le baron. Cela ne pose aucun problème, car ici les druides nous aussi familiers que chez vous les...les...
_ Cochons? suggère l'écuyer du Félin, sans arrière-pensée.
_ Oh ! Gilles, en voilà une comparaison ! le tance Isabeau.
Le pauvre garçon rougit comme une pivoine, mais leur hôte le sauve en éclatant de rire. Puis il annonce:
_ Demain, nous irons voir rien moins que le druide Suprême, Gwineventer Le Gouëzec !
_ A vos souhaits, marmonne Gilles, facétieux.
Cette fois, c'est son chevalier qui lui fait les gros yeux.
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SHEA Michael - La quête de Nifft-le-mince : Le roman qu'elle a osé abandonner !
Titre : La quête de Nifft-le-mince
Auteur : Michael SHEA
Note : 2. Livre de gare
Quatrième de couverture de l’éditeur :
"Au diable tout ça ! Allons-y au hasard!" Nifft le voleur et son comparse Barnar n'ont pas froid aux yeux.
Au fil de leurs hallucinantes pérégrinations, ils traverseront des marais putrides, rencontreront des géants, traverseront les Enfers et manqueront mourir d'innombrables façons. Drôles et grotesques, absolument tragiques et furieusement surréelles, les aventures de Nifft-le-Mince ne ressemblent à rien de connu. Récompensé par le World Fantasy Award à sa parution, ce roman est d'une audace et d'une imagination inouïes.
Nifft le mince est le protagoniste mais ne semble pas particulièrement au centre de l’histoire. Je dirai même plus, il est éclipsé par les aventures : que ce soit pour la description des lieux, la rencontre avec des créatures ou même l’étrangeté des situations. Il est en duo avec Barnar, son comparse-de-(pas)-toujours.
L’écriture est satisfaisante, agréable et sans ambages. Cette suite d’aventures et autres péripéties ont eu des difficultés à me tenir en éveil. Il n’y a aucun lien les unes avec les autres… à mes yeux, il s’agit simplement d’une plate chronologie. Il y a très peu de retours en arrière (pour comprendre le pourquoi du comment), très peu de profondeur sur les sentiments des personnes ou même la façon dont ils évoluent. Certes, l’imaginaire est là, les situations rocambolesques, terrifiantes ou drôles se succèdent : mais le tout n’a pas pris chez moi, et je tournais les pages sans y entrer dedans.
Récompense : World Fantasy Award 1983
Livre découvert dans le cadre du challenge ABC 2009, abandonné à la page 175.
D'autres critiques disponibles chez :
¤ A livre ouvert,
¤ Hugin & Munin.
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