Cyrielle & Gloris - Tokyo Home
Titre : Tokyo Home
Auteurs : Cyrielle, Thierry GLORIS
Plaisir de lecture :
Livre fantas... tique
¨˜"°º• Julie Wallon, du haut de ses 17 ans, part rejoindre son père au Japon, à la suite d'une violente dispute avec sa mère, en France. Elle va découvrir un pays dont les mœurs lui sont totalement inconnues, nouer des liens avec un père qui lui est étranger et faire face à ses angoisses personnelles. Elle va se rendre compte des différences culturelles mais aussi voir que des valeurs sont universellement partagées.
Débarquée fraîchement à Tokyo, ses ennuis commencent à l’aéroport : son père Jean-Raymond Wallon dit Dji-Ray se fait désirer. Plus tard, il acceptera son envie de rester à la condition de passer son premier degré de compréhension en langue japonaise. Pas évident quand on sait que Julie Wallon ne connaît le Japon qu’à travers la télévision et quelques articles papier. Pour elle, les kanji sont… du chinois. Pas glop comme départ dans une nouvelle vi(lle). Dans le métro, elle rencontrera la terrible Kyo la Muerte ; Au lycée, elle devra faire face à trois pestes mais heureusement que Sato est là pour lui remonter le moral.
¨˜"°º• Bien que je ne publie ma chronique que maintenant, il va sans dire que le 4 juin 2010, jour de la sortie de « Tokyo Home », j’étais parmi les premiers à l’avoir en main ! A 9h46, qu’on se le dise !
Cyrielle est une jeune illustratrice dont je suis le blog depuis quasiment ses débuts. Et il faut bien l’avouer, c’est l’un des premiers blogs que je suis régulièrement. Et que sans agrégateur de flux RSS, je passais – presque – quotidiennement pour voir ses nouveaux billets (mais ceci est une autre histoire). A l’annonce de la sortie de son big projet, il fallait que je sois dans les premières. Question de survie. Ou de fanatisme. Au choix.
Cette ‘ BD ’ – car si j’ose dire que c’est un manga français, certains lecteurs font faire « beuuurk » – est plutôt à classer parmi les Shōjo (manga dont la cible éditoriale est constituée de petites filles et d’adolescentes). Bien évidemment, elle ne copie absolument pas le style « manga », et c’est en soi, un très grand atout de ce livre.
Les dessins sont à croquer, le découpage dynamique permet une lecture relativement fluide. Le scenario tient la route, même si quelques faits sont prévisibles. Cependant, l’humour n’est pas en reste et les « petits plus » non plus ! A chaque fin de chapitres, nous avons de petites pages sympathiques du genre : j’vais t’culturer un peu mais qu’tu vas rien y voir ! En quelques mots et dessins, nous apprenons plus sur les mœurs japonaises, et c’est un délice.
Les personnages sont plutôt hauts en couleurs et se prêtent bien à l’histoire, à ses intrigues.
La présence de kanji en début de bouquin est un peu surprenante : mais qu’est-ce qu’il dit ?!... on tient notre livre avec une envie irrépressible de comprendre absolument alors que la compréhension globale s’en passe très bien. Très rapidement, on ne croise plus que des bulles remplies d’alphabet occidental : c’est sûr, notre Julie devient bilingue !
Mes moments préférés, sans aucun doute tournent autour de la rencontre avec Kyo la muerte, la découverte des cookies par Seishiro Ryourinin et l'arrivée de ... Scribouillard !
Et je meurs d’envie de vous partager une phrase que j’aime beaucoup, signe révélateur d’une présence humoristique : « au kilo d’émotion déversé à la seconde, [le papa de Julie] mettrait un bisounours au tapis !... ». Expressive, non ?
¨˜"°º• Avec Tokyo Home dans les mains, nous avons de la fraicheur, de la candeur et de la légèreté.
Place aux dessins « trop cuuuuute » et à notre chère française Julie Wallon qui n’est pas au bout de ses surprises.
Cette BD est principalement destinée à la jeunesse, à partir de 14 ans.
Dernier petit point à relever, c’est le produit en lui-même.
La couverture cartonnée est jaune (déjà en librairie, tu ne peux pas la louper), avec de minuscules points en vernis sélectif : du coup, l’aquarelle et le titre se découpent bien et elle donne une chouette sensation sous nos petits doigts. L’intérieur du livre est en noir et blanc avec un papier d’un grain appréciable.
¨˜"°º• Nos auteurs…
Thierry Gloris est né en 1974, a été enseveli sous les BD d’Astérix et Gaston Lagaffe entre autres. Ce jeune scénariste est connu (sauf par moi) surtout grâce au Codex Angélique développé avec Mickaël Bourgouin aux éditions Delcourt.
Cyrielle
Notre jeune illustratrice travaille majoritairement dans le dessin jeunesse.
Je suppose que certains dessins de Tokyo Home ont inspirés par son voyage au Japon (du 7 mai au 2 juin 2008, si je ne me trompe pas).
Sont à découvrir : son Book, son Blog.
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Souvenir lié à ma lecture : Une seule envie ‘ vite, vite, vite ! ’
Pics : Toutes les illustrations appartiennent à Cyrielle ©
Les droits d'auteur s'appliquent à toute œuvre de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la forme d'expression, le mérite ou la destination. Tout lecteur de ce blog doit en respecter les droits de propriété intellectuelle. Il doit notamment veiller à ne pas reproduire et diffuser les articles et contributions publiées sur ce blog sur d’autres blogs, forums ou d’autres supports sans l’accord de leur auteur. Tout lecteur peut néanmoins reproduire le contenu de ce blog à des fins de consultations privées ou reproduire et diffuser de courts extraits d’un articles ou d'un message, à des fins d’information ou de recherches, en citant « Livrement, http://livrement.canalblog.com » et l'auteur (nom réel ou pseudo) de l'article ou du message.
McCARTHY Cormac - La route : Talc noir
Titre : La route
Auteur : Cormac McCARTHY
Note : 4. Livre à découvrir
Mon résumé
L’Apocalypse a eu lieu… un homme et son enfant poussent le caddie de leur vie. Descendre vers le sud, coûte que coûte. Et accessoirement, (sur)vivre. Dans la trace des pas de ces deux hommes, nous allons goûté à la cendre, au gris d’un monde sans fin. Mais l’amour demeure entre eux, ils sont les « gentils », ils portent le feu. Alors aussi loin que leur chance pourra les mener, L’homme et le petit existeront.
Mon avis en quelques mots
McCarthy nous présente une histoire minimaliste où chaque mot est pesé. L’homme n’a que garant de vie, son propre fils. Ce dernier, sans enfance et mature trop tôt, le suit jusqu’au bout du monde. Ce couple intemporel traverse un paysage sombre où leur pire ennemi est la condition humaine. Par une plume glaçante, plongez au cœur d’un pays blessé où les gentils ne sont plus si nombreux que ça.
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Critique approfondie
Ce sont les pieds dans la cendre, que Lui et son enfant errent dans ce monde grisâtre. A la suite de l'apocalypse, leur seul but est de (sur)vivre coûte que coûte. L'homme et son enfant partent pour le sud : il n'est plus nécessaire de fuir, la mort rôde, ce n'est qu'une question de temps. Ils s'accrochent à leurs valeurs, à l'espoir de vivre encore un peu. Ils vont devoir faire face à la pénurie de nourriture et à leur pire ennemi : les autres. Leur chemin vers le sud sera pénible, à bien des titres.
¨˜"°º• Les hommes
De prime abord, l'absence d'identité des personnages est quelque peu troublante. Nous ne connaissons le nom ni de l'Homme, ni de l'Enfant. Sans aucun doute, une volonté de McCarthy de nous renvoyer à notre propre image. Et si finalement, c'était nous ?
Les échanges verbaux entre nos deux hommes seront peu nombreux : leur caractère bref rend l’histoire d’autant plus intense… le long cheminement proposé par McCarthy qui pourrait aussi valoir l’honneur de remplir de définition, le titre « Route ».
L’homme est père d’un enfant relativement jeune (il sait tout juste écrire dans le sable et lire) porte sur ses épaules, un espoir mort dans l’œuf. Il tente tant bien que mal de ne pas se laisser bercer par de doux rêves et son ambition aussi stérile soit-elle est de rester en vie. Ils voyagent en suivant le macadam qui n’a plus de raison d’être, poussant dans le caddie, des placebos de vie. Le strict nécessaire, le peu qu’ils ont réussi à récupérer. Trouver de la nourriture devient de plus en plus difficile, au mépris de l’anthropophagie environnante, il assoit sa morale. Lui et le petit sont les gentils, il tente par tous les moyens de transmettre les valeurs d’un monde qui n’existe plus, en lesquelles il continue –ou fait semblant ?- de croire. Son plus grand garant de leur survie est son propre fils.
L'enfant, allégorie de la vie dans ce roman, n’est pas en reste. On le devine jeunot mais la joie innocente a quitté depuis longtemps ce petit être. Il devine ce que ressent son père et l’éprouve plus que tout. Il remet son « quotidien » en cause, il pose des questions peu anodines, quelques fois détournées pour trouver des réponses. Il est d’une maturité hors du commun…
“ Quand on sera tous enfin partis alors il n'y aura plus personne que la mort et ses jours à elle aussi seront comptés ”
¨˜"°º• Univers eschatologique
McCarthy nous propose un univers… ravagé, anéanti, ardu, âpre, glaçant et rempli de désespoir. Il nous présente des personnes blessées dans un monde blessé. Dans cette adversité totale, l’homme et l’enfant ont des préoccupations « rudimentaires », répondre aux besoins vitaux : manger et boire. Accessoirement, dormir sans trop d’humidité. Dans cet espace où le temps semble s’être arrêté, les souvenirs d’une société disparue deviennent des mythes. Les survivants sont peu nombreux et sont enclins au cannibalisme. L’humanité présentée par Mc Carthy n’en a que le nom. La problématique de la condition humaine dans ce roman prend tout son sens. Tout est remis en question : la valeur des denrées, la valeur des objets et la valeur des sentiments.
Tout cela nous renvoie à nous-mêmes : que ferions-nous dans cette situation… l’impossibilité d’éviter la mort de cette manière, d’errer sans but.
L’évolution dramatique de l’histoire est inéluctable, mais bien plus que l’importance de la fin, entre ses pages sombres se révèle beaucoup d’amour. Notons d’ailleurs qu’il restera une pièce mystérieuse de l’histoire où l’interprétation demeure tout à chacun : la force du feu qu’ils portent en eux.
“ Il faut que tu portes le feu.
Je ne sais pas comment faire.
Si, tu sais.
Il existe pour de vrai le feu ?
Oui, pour de vrai.
Où est-il ?
Je ne sais pas où il est.
Si tu le sais. Il est au fond de toi. Il y a toujours été. Je le vois.”
¨˜"°º• Plume de cendres
Soyons honnête, le prix Pulitzer a propulsé le livre de McCarthy. Avec l’adaptation cinématographique, « La Route » a été le centre d’un buzz phénoménal de la critique littéraire. Ce ne sont pas les 170 000 lecteurs que proclame le bandeau du livre qui me donnera le petit coup de pouce pour entamer ma lecture – moi qui fuis les best seller… Quantité & Qualité ne sont pas deux critères qui vont toujours de paire.
En attendant, ce livre étiqueté « Science Fiction post apocalyptique » n’en a que l’étiquette le titre. En conviennent les critiques des bloggeurs et bloggeuses pas spécialement attachés aux lectures SFFF (Science Fiction Fantasy Fantastique).
Cette histoire intemporelle, indéterminée et sans lieu de géographique donné propose une thématique tout aussi universelle et maintes fois, utilisée. Cependant, McCarthy a su se l’approprier : grâce à une plume quelque peu glaciale, il fait approcher une horreur plus que réaliste d’un monde de cendres.
L’histoire en soi ne fait pas peur, elle pose énormément de questions. Elle émeut beaucoup et ne laisse pas insensible. Une sensation un peu cafardeuse reste après que le quatrième de couverture soit refermé.
Ce récit est écrit dans un style relativement dépouillé. Chaque mot est pesé. Le tout est minimaliste : l’absence de ponctuation, l’usage excessif des « et » au sein d’une même phrase. La linéarité va même jusqu’aux discours sans guillemets, sans tirets, sans la précision des prosateurs. L’écriture en elle-même appuie la densité du roman sans saut de page, ni chapitre.
“ Il plongea et empoigna le petit et roula et se releva avec le petit qu’il tenait contre sa poitrine. ”
Cormac McCarthy, écrivain américain, né Charles Mc Carthy en 1933. A
reçu le National Book Award en 1992 pour « De si jolis chevaux » et le
Prix Pulitzer en 1997 pour « La Route ».
“ Aucune liste des choses à faire. Chaque jour en lui-même est providentiel. Chaque heure. Il n’y a pas de plus tard. Plus tard c’est maintenant. Toutes les choses de grâce et de beauté qui sont chères à notre cœur ont une origine commune dans la douleur. Prennent naissance dans le chagrin et les cendres. Bon, chuchotait-il au petit garçon endormi. Je t’ai toi. ”
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D’autres avis chez :
- Carnet de
SeL,
- Connivences littéraires,
- Les lectures de Cachou,
... et plein d'autres ici, chez BOB.
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WILSON Jacqueline - Violette : Fée de fumée
Titre : Violette
Auteur
: Jacqueline WILSON
Note : 5. Livre à découvrir
Mon résumé :
Violette, toute jeune adolescente, se cherche énormément. Coincée entre les préjugés des camarades et le caractère débordant de son frère Will, elle n’arrive pas à vivre pleinement sa vie. C’est dans l’univers de Casper Dream, illustrateur de l’imaginaire, qu’elle s’échappe et s’y enfonce. Côté cocon familial, ce n’est pas mieux… il est lentement rongé par de lourds secrets. Un imprévu entre dans la vie de Violette, elle a de magnifique cheveux blonds, est habillée de volants et talons hauts, répond au nom de Jasmine… et va bien vite tout bouleverser !
Mon avis :
Violette est une considérée comme une jeune fille marginale. Elle se renferme souvent dans le monde « imaginaire » pour se sauver du quotidien. Elle est plutôt charmante, ne cause pas de souci à ses parents, mais doit supporter les regards des autres collégiens. Pour ajouter à son cauchemar actuel, son frère Will lui en fait voir de toutes les couleurs. Rattachée à lui par un amour inconditionnel, elle lui obéira bien au-delà de l’acceptable. Décidément, Violette se retrouve dans de beaux draps.
Will, adolescent charmeur joue en toute impunité avec les sentiments de sa sœur. Adulé au collège, il préférera l’ignorer au sein de l’établissement et lui en faire des vertes et des pas mûres à la maison : il adore la plier à ses quatre volontés et prend un malin plaisir à son jeu pernicieux.
Jasmine, nouvelle venue en classe est plutôt l’inverse de Violette : superbe blonde aux cheveux longs, talons hauts et courte jupe, elle s’assume jusqu’au bout des ongles. Entrée de plain pied dans l’adolescence, elle répond aux professeurs et arrive toujours à ses fins. La rencontre improbable entre Jasmine et Violette vient d’avoir lieu… et donne naissance à une toute nouvelle relation. Violette tombe en adoration de Jasmine mais cette dernière va traiter notre héroïne d’égale à égale… mais cela va-t-il durer ?
Le livre de Wilson présente la construction de soi… Violette est fortement nostalgique de l’enfance (puisqu’elle ne veut pas réellement la quitter) et l’étiquette collée de « marginale » n’aide en rien. Son palliatif ? Se refugier dans l’univers de Casper Dream. Cependant, elle arrive à s’accepter en trouvant un intérêt qui lui permet non seulement de grandir mais de se prendre en charge. Pour elle, ce sera la couture.
On voit par ailleurs qu’en vivant dans le cadre d’une famille rongée par des secrets, son amour fraternel pour son frère est sans limite. Et son amitié pour Jasmine commence à lui faire perdre pied. Le livre montre ingénieusement les risques du « trop » dans ses relations : comment ne pas devenir celui ou celle que les autres veulent, comment rester soi.
Au demeurant, les relations Will et Violette sont quelque peu perturbantes à la lecture : les menaces restent latentes mais non moins réelles. Cela alourdit clairement l’ambiance et symbolise le côté sombre de l’histoire. Pour ma part, je me suis demandée jusqu’à quelles limites, elle emmènerait notre protagoniste. Peut-être un défaut d’un œil « adulte », je m’attendais au pire !
Autre petite note à relever, le langage parfois familier accorde une crédibilité aux paroles des adolescents, qui fait que, quelque part, se reconnaît soi ou un proche dans des scènes vécues.
Petite précision : même si Violette s’enferme dans le monde imaginaire de l’auteur Casper Dream et qu’elle possède et créé nombre de fées, il ne s’agit pas d’un livre fantasy. Il n’empêche que le concept « d’auteur mythifié » est intéressant et va se développer au cours du roman.
Jacqueline Wilson est une auteur britannique de littérature jeunesse et enfant. C’est à 24 ans qu’elle écrit ses premiers romans à destination des adolescents et pré-adolescents. Elle sera connue pour sa facilité et sa détermination à aborder des thèmes quelques peu difficiles tels que le divorce, les mauvais traitements, les femmes battues, la maladie mentale ou l’homosexualité.
Grâce à son roman « Lulu Bouche-cousue » elle remporte le Children’s Book Award et le prix Tam-Tam, en 1995. En 2008, elle est promue au rang de « Dame de l’Empire britannique ».
. L'auteur parle de « Violette » ici
. Notons que la couverture française est super réussie ! C’est d’ailleurs cette dernière qui m’a donné envie de prendre le livre.
“ J'évite de me mêler de leurs disputes [à Marnie et Terry], tout comme de me joindre à leurs gloussements de dindes. D'ailleurs, je ne leur parle pas beaucoup. Je ne sais pas quoi leur dire, on n'a pas les mêmes goûts. Marnie et Terry sont raides dingues des derniers chanteurs à la mode, se fabriquent des petits bracelets en perles " mignons tout plein ", dessinent la chambre de leurs rêves avec une abondance de détails ridicules. Elles font toutes deux, collection de jouets en peluche. Marnie possède 123 Beanie Babies et une quantité impressionnante de mini-animaux. Terry s'est spécialisée dans les vieux nounours - pitoyables créatures borgnes, informes ou miteuses qu'elle déniche dans les brocantes ou les vide-greniers. Sa chambre ressemble à un refuge de la SPA. Cela dit, la mienne ressemble à une grotte gothique, alors je suis plutôt mal placée pour critiquer.”
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D’autres avis disponibles chez :
¤ Tout Zazimuth,
¤ Book’In,
¤ Le CDI du lycée Paul Arène de Sisteron.
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SAKURAZAWA Erica - Entre les draps
Titre : Entre les draps
Auteur : Eric SAKURAZAWA
Note : 5. Fantas... tique
Saki et Minako sont deux meilleures amies. Sauf que Saki plait. Elle plait aux hommes, elle fait l’objet d’une passion dévorante de la part de son amie Minako. Un beau jour par jalousie, cette dernière dort avec Ken, le chéri de Saki. Et tout bascule ou presque. Amours, amitié et autres (dés)illusions.
Cette relation ambiguë entre les deux femmes est la base et la force l’histoire. Tout simplement… Partagées entre amours passionnantes et amour fraternel, les deux jeunes femmes s’offrent une vie complexe. Entre elles deux, il y a ces amours indéfinissables ; entre elles deux, il y a aussi des hommes. Nous retrouvons bon nombre de sentiments : jalousie, trahison, amours sincères et désarroi.
Ce one shot est sur le net, classé en tant que Yuri. Mais en est-ce vraiment un ?
Selon la définition de Wikipédia : Au Japon, le terme yuri (百合 qui signifie littéralement « lys », les noms de plantes étant souvent utilisés pour les prénoms féminins) fait référence aux relations homosexuelles entre femmes.
Je vous dirai que … non. Non, ce n’est pas un Yuri, c’est beaucoup mieux que ça. Ce n’est pas de l’érotisme soft, c’est juste une relation quelque peu nébuleuse entre deux femmes qui se portent un attachement sans limite. Ce manga « libéré » permet à Erica Sakurazawa de travailler sur le nu : il est présent dans ce manga uniquement en fonction des situations ; ainsi la nudité des corps est plutôt une appréciation libre et non incitative au sexe « exécutoire ». Cependant, l'histoire comprend des scènes de sexe explicites, à bon entendeur...
De par les dessins quelques fois brefs, extraits de simples gestes, en découlent une atmosphère elle aussi faite d’ambiguïté et d’incertitude. Les aplats noirs et les trames en grand nombre accentue le psychologique : finalement, à sa lecture, notre propre sensibilité ressort. Ce manga propose peu de personnages, mais suffisamment travaillés et le rythme parait très naturel et aisé à suivre.
Découvert au hasard des rayons bibliothécaires, je ne pensai pas rencontrer une œuvre pareille. Tout simplement parce que les manga, c’est une palette tellement large qu’on n’en oublie souvent les œuvres un peu « à part », un peu trop « sérieuses » et qu’on s’imagine fort bien, en idée reçue, des adolescents lisant du Naruto, point.
J’ajouterai que cette œuvre japonaise ne peut pas plaire à tous : 1°) parce qu’il est pour public averti (+18 ans), 2°) parce que le sujet traité ne peut pas plaire 3°) parce que ce manga présente une certaine maturité.
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CONEY Michael - La locomotive à vapeur céleste : Triade et Tripotée
Titre : la locomotive à vapeur céleste (le Chant de la Terre, tome 2)
Auteur : Michael CONEY
Note : 4. Livre à découvrir
Nous voici plongés en plein coeur du 143e millénaire...
Alors que Starquin Cinq en Un tire les ficelles pour tisser sa trame, la Triade prend naissance. Le Vieillard, l'Artiste et la Fille-sans-nom vont devoir accomplir leur Dessein. Chaque action détermine une certaine influence sur les autres, et tout n'est pas si facile dans ce monde où la Pensée Intérieure et la Croyance priment. Outre ce fil conducteur, vous serez amenés à cotoyer une myriade d'autres personnages intéressants mais dangereux. Alors, vous souhaitez ou surt-haitez découvrir ce livre ?
Voici un deuxième tome tout aussi incroyable. Nous plongeons dans cet univers qui semble infini pour s'approcher au plus près des différentes races et personnages qui l'habitent. Nous partons à l'aventure avec la Triade tout en apprenant les légendes. Ce livre est d'une très grande richesse et la première difficulté d'immersion passée, c'est un véritable bonheur littéraire de SF qui s'ouvre à vous !
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Critique approfondie
Le Chant de la Terre est supposé extrait d’un chant épique qui relate l’Histoire de l’humanité, plus quelques autres, et qui a tant proliféré au fil des temps qu’il faudrait plus d’un siècle pour le réciter en entier. Nous ne disposons donc que de fragments en cinq volets, La Grande Course de chars à voiles, La Locomotive à vapeur céleste, Les Dieux du grand loin, Le Gnome et Le Roi de l’île au sceptre. Le cycle conte la mésaventure d’un presque dieu, Starquin le Cinq-En-Un, qui, se promenant dans l’univers des aléapistes, autrement dit des possibles, se trouva piégé quelque part dans l’espace par les champs de mines d’une guerre interstellaire future. Malgré ses pouvoirs, il risque d’y périr d’inanition au bout de quelques millénaires si l’histoire ne peut être réécrite afin de le libérer.
Voilà, ça, c'est fait.
Rappelons tout de même en ce petit chapeau, certes court mais non moins agréable, que ce livre m'a été donné car je le valais bien dans le cadre d'un partenariat des Editions Laffont avec B.O.B. (Blog O Book, blog-o-book.com). Et ce détail a une très grande importance, car :
1°) je n'aurai jamais lu ce livre si on ne me l'avait pas proposé (de la SF, et puis quoi encore?),
2°) mon interlocutrices privilégiées sont en or...
Oui, si vous me suivez régulièrement, vous savez qu'il s'agit du deuxième échange (et donc de la deuxième utilisation de ce chapeau) et que j'en suis toujours aussi ravie !
¨˜"°º• En bref
Pour ce tome-ci, l'histoire est contée par Alain-Nuage-Bleu. Le récit de l'ancienne terre se situe cette fois en l'année Cyclique 143624. Afin que les divers auditeurs suivent l'épopée, "on" dit que c'est une légende : il est d'autant plus facile de suivre l'histoire en se persuadant que cela n'a jamais existé, qu'il ne faut plus y repenser ni s'y appesantir. Le Chant de la Terre est l'histoire de l'humanité ; il se compose de récitatifs et autres chants.
Hormis le fil conducteur de notre histoire chanteresque, il faut ajouter une superposition de différentes histoires de personnages ; comme une sorte de nouvelles d'un chapitre qui s'immisce dans la trame du livre pour mieux nous englober. Nous connaitrons les légendes des Parangons, des Loups du Malheur, des Abeilles du possible et du Marais de Soumission avec nos cinq Peurs. Finalement, cet univers repose essentiellement sur un entrelacs de mondes, pour notre plus grand bonheur.
Aux côtés des Didons, de l'Etre Tout Puissant, des Essences de Rêves, des ex Gardiens d'Hommes, du Peuple du rêve, des Spécialistes, des Cuidadors et des Capitaines-psy, nous découvrirons la naissance des Spécialistes avec l'affaire de justice de Ratona III vis à vis de son métier. Pendant quelques pages, nous vivrons au temps de l'an Cyclique 91 137 où Moredecai N Whrist soutenait la Spécialiste (alors que dans le tome 1, c'est un très ancien institut scientifique qui en porte juste le nom). Nous côtoierons les Cuidadors dans leur mission de Dôme: ils dédient leur vie à recréer de Vrais Humains, vont-ils y arriver?
Sur cette jolie trame de fond, interviennent aussi moult personnages.
Bien que nous ne voyons pas Starquin le Cinq en Un à l'oeuvre (et notamment son échappée de ces dix mille ans d'incarcération), nous comprendrons mieux ses intentions... il manipule le monde entier, les différentes races et petit à petit, il monte son stratagème. Dans la Locomotive à Vapeur Céleste, nous réalisons davantage les liens indirects, les imbrications des actes parmi d'autres et le tissage de la magnifique toile.
L'autre tripotée de personnages ultra méga importants se nomme la Triade. Nous suivrons la naissance de celle-ci par leur rencontre. Elle se compose du Vieillard, de l'Artiste et de la Fille-sans-nom. La Triade remplira son Dessein mais également les quêtes personnelles de chacun d'entre eux. Le Chant de la Terre les cite ainsi
"Venez entendre parler de la Trinitié, au légendaire renom,
Le Vieillard et l'Artiste et la Fille-Sans-Nom ! "
Une myriade de personnages secondaires sont tout aussi intéressants tels que le Seigneur Cri, Taupin, Eloïse, Roller, Long John Silver (sisi), les Bjorn-Serkrs (chasseurs d'ours) et autres Marylin. Il serait malvenu de ne point citer la Locomotive comme personnage à part, qui mérite le détour...
Tout ce beau petit monde ne serait rien sans l'Arc-en-Ciel, ordinateur puissant et planétaire, je cite "ce répertoire organico-mécanico-électronique, raisonné et planétaire de l'intelligence et du savoir humain"
¨˜"°º• Une histoire d'(non)habitudes
Dans ce tome du Chant de la Terre, le récit se focalise sur ce 143e millénaire avec la naissance de la Triade et de leurs premières actions. Cependant, il est difficile de rentrer dans un tel monde "SF"; la découverte simultanée de différentes actions et déroulement de l'histoire (avec quelques flash back marqués) déroute allègrement. Il faut quelque fois s'accrocher, continuer la lecture, car elle vaut réellement le coup...
Chaque petit épisode est une brique dans la construction du récit. Nous ne connaissons pas tous les tenants et les aboutissants et évoluons finalement, au rythme des personnages. Toutes actions ont une influence les unes sur les autres. L'échiquier se met en place et nous entr'apercevons les tendances et futurs pour préparer la grande aventure de Starquin. Ce dernier peut par ricochet utiliser les souhaits. Ici, l'inventivité de Coney se traduit en français par le souhait et le sur-hait, je cite :
Note du traducteur: "to bigwish" et "to smallwish", deux néologismes de l'auteur, que nous tâchons de transposer par le couple "sur-haiter" et 'sou-haiter", le premier étant bien sûr pure invention à partir de l'étymologie du deuxième ("souhaiter" de "subtus": sous et "haitare": ordonner, promettre).
Cette conception est un des nerfs de la guerre de la Locomotive à Vapeur Céleste et sera non seulement appréciable mais également fondamentale pour l'histoire qu'Alain-Nuage-Bleu nous relate.
D'autres thèmes sont développés comme courir après des chimères, ici nous noterons qu'il est plus important de chercher que de trouver. Seront appréhendés également l'idée de la Pensée Intérieure et de la Croyance (aller où bon nous semble du moment que l'on y croit). Sans oublier que les aléapistes ont ici aussi une influence digne de ce nom.
Je définissais les aléapistes comme ceci:
Et comme un "bonus", tu peux même apprendre les "aléas". Ce genre d'hypothèses de vie, où telle action aurait été préférée à une autre, ou le non choix entraîne également un destin différent. Ce sont les "aléapistes", ces bifurcations permettent d'entrevoir ce que les personnages auraient pu devenir/faire. Il est très intéressant de découvrir en soulevant ainsi le pan, les voies de vie de ces personnages qu'ils ont refusées, fermant définitivement des bouts de vie imparfaits.
Dans la Locomotive à Vapeur Céleste, une métaphore est digne d'être relevée :
Dans le Grand-Loin, il y a un arbre qui s'appelle l' "Hydre Phare", et qui s'étend sur mille kilomètres à travers l'espace, si énorme que sa seule masse suffit à affecter l'orbite de sa planète. Je veux que tu imagines le Temps encore plus immense que l'Hydre Phare. Chaque branche, chaque brindille, représente une possibilité où ta vie future peut inscrire son cours ou un autre, selon ce que tu fais, ou ce que d'autres font. Les possibilités sont infinies, et chacune d'entre elles s'appelle une "aléapiste".
Bien qu'à première vue, nous pourrions voir des similitudes avec "le meilleur des mondes" d'Adous Huxley, il n'en est rien. Michael Coney a toujours un style très prenant de par l'invention des mots et l'utilisation de l'italique pour appuyer certaines pensées. Ce tome-ci à proprement parlé n'est pas la suite des aventures intrépides de nos personnages d'un Brésil méconnu. Il s'agit de concevoir cet univers sous un autre angle, tout aussi intéressant ! Abstraction faite d'un immersion quelque peu difficile dans un récit très riche (en personnages, lieux et actions), la Locomotive à Vapeur Céleste reste une lecture très appréciable que je conseillerai.
¨˜"°º• et Lui
Michael Coney, écrivain britannique né en 1932 s'est mis à sa quarantaine à écrire de la Science Fiction. Il a tout d'abord reçu le prix British Science-fiction en 1977 pour son roman "Brontomek". Ce n'est que durant les années 1980, qu'il commence à écrire le grand cycle "Le Chant de la Terre"; cette œuvre originale et présentant une certaine sensibilité contemporaine a été récompensée en 1987 par le Prix Aurora.
Avant sa mort en 2005, Michael Coney a publié sur son site web plusieurs romans et des récits inédits pour en faire don à ses lecteurs.
Notons enfin que la couverture des Éditions Laffont reprend le modèle d'anciennes collections basées sur un mélange de futurisme et de psychédélique. Par ailleurs, c'est aspect chromé qui en a fait sa renommée. Espérons que l'esthétique reprise pour ces éditions saura séduire les nostalgiques.
¨˜"°º• Extraits
Et les Vites pleuraient.
Assis à demi estompés, ils clignaient des paupières à qui mieux mieux, et c'était étrange de voir les larmes ruisseler sur ces gueules évanescentes tout comme des larmes normales, juste aussi lentes et régulières. Les Vites étaient assis là à vieillir, sacrifiant leurs quelques précieuses heures de vie à la contemplation du chef-d'oeuvre de Manuel, dont la beauté les faisait sangloter. Et pourtant - tel est le propre de l'art - ils n'étaient pas satisfaits. L'un d'eux, qui tentait de communiquer avec Manuel, leva la main. Pour cette femelle d'âge mûr, parler était un véritable supplice: chaque syllabe prononcée lui coûtait subjectivement un mois. Mais son message parvint au garçon. Pour la première fois, une Vite avait parlé. Elle en mourut, emportée au seuil de la vieillesse par une maladie inconnue qui évolua en deux secondes.
Elle avait dit: il y faut plus d'amour.
Polysitiens, Parangons, Humains Sauvages, Vrais Humains, néoténites, Peuple de Rêve... On à a peine concevoir l'extrême diversité des espèces et variétés humaines développées au cours de l'histoire - surtout à l'époque actuelle, lorsque tant de ces variétés ont disparu.
Il y eu la Première Espèces : fruit de l'union du singe et du Parangon, connue comme l'Homme Primitif.
Puis, il y eut la Seconde Espèce, répartie en trois variétés :
Vrais Humains,
Humains Sauvages, adaptés à un air pauvre en oxygène,
Polysitiens, adaptés à un air riche en oxygène.
et la Troisième Espèce, les Spécialistes, en variétés innombrables.
Ensuite, il y eut la Quatrième Espèce, représentée par deux variétés, dont la première était des néoténites. Ce n'est ni le lieu ni le moment de parler de la deuxième de ces espèces, car le Chant de la Terre se doit de garder un certain mystère.
Et, finalement, il y eut la Cinquième Espèce que Manuel et Zozula connaissent sous le nom de Vites.
Telles étaient les formes de l'Homme.
On clique...
Un livre à dévorer
(en l'occurrence ici, par mon chaton)
Le Chant de la Terre se compose des autres tomes suivants :
- la course de chars à voiles tome 1,
- les Dieux du Grand-Loin tome 3,
- le Gnome tome 4,
- le Roi de l'île au sceptre tome 5.
Trêve de plaisanteries, B.O.B. & les éditions Robert Laffont, j'suis prête pour re-signer pour les prochains tomes, hein !
merci BoB :)
Les droits d'auteur s'appliquent à toute oeuvre de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la formed'expression, le mérite ou la destination. Tout lecteur de ce blog doit en respecter les droits de propriété intellectuelle. Il doit notamment veiller à ne pas reproduire et diffuser les articles et contributions publiées sur ce blog sur d’autres blogs, forums ou d’autres supports sans l’accord de leur auteur. Tout lecteur peut néanmoins reproduire le contenu de ce blog à des fins de consultations privées ou reproduire et diffuser de courts extraits d’un articles ou d'un message, à des fins d’information ou de recherches, en citant « Livrement, http://livrement.canalblog.com » et l'auteur (nom réel ou pseudo) de l'article ou du message.
PATURAUD et MOSDI - Camilla, Succubes: Mystico-Erotico Cabale
Titre : Camilla (Succubes, tome 1)
Auteurs : Thomas MOSDI et Laurent PATURAUD
Note : 3. Livre sympa mais...
Dans le cadre de la Masse-Critique de Babelio, j'ai reçu Camilla, tome 1 de la série "Succubes" de Paturaud & Mosdi. Moi je dis, "tout condamné à mort aura la tête tranchée".*
¨˜"°º• Raisons de la BD
Depuis tout temps, les femmes étaient aussi aux pouvoirs, mais en tant qu'assistances et relayeuses de l'ombre. Elles ont eu néanmoins un role important dans l'Histoire. C'est donc pour illustrer et parler de ces femmes certes mystérieuses mais avec des couilles au corps, que Paturaud et Mosdi se sont lancés dans l'aventure.
¨˜"°º• L'Histoire
1794, à Paris. Maximilien de Robespierre.
La trame est donnée : Sur la scène, se joue une importante tragédie française. Sous l'euphémisme de la guillotine, la terreur bat son plein et les pavés de la Capitale sous le joug de Robespierre. Caché par le velours du rideau, un Ordre puissant répondant au nom de "Filles de Lilith" place ses pions sur l'échéquier politique.
C'est alors que ces premiers jours de l'an 1794, voient des alliances changeantes et naissent dans un quotidien sans dessus-dessous. Les déroutes sont très nombreuses. Voilà un premier tome qui ne se suffit pas à lui-même: on reste sur sa faim; on entrevoit seulement un capharnaüm sans nom. Il ne laisse pas une sensation d'inoubliable.
¨˜"°º• Ecriture
Nous sommes dans une période où la déferlante "secrets des sous-bassements du Vatican" est à la mode. Le mystico-religieux plait et fait vendre. Avec "Succubes" on se retrouve encore avec une BD ésotérique de plus sur au rayon.
Mais tout va bien, nous avons du sexe dès la 10e planche. C'est comme le sexe au bout de 10 minutes dans un film: il assoie son côté ahmaiscestsympaça et ça fait vendre. Alors même si on y découvre un mamelon tendu et un ventre plat: il n'y a pas forcément du sexe à tous les étages. Quoique... nous comptons pas moins de 8 planches avec nudité. La plastique de Camilla, largement étalé en couverture vous sera révélée au fil des pages, rassurez-vous ! On passera bien évidemment sur la réalité d'une telle morphologie et du maintien d'une poitrine aussi généreuse. Mais il parait qu'en dessin, c'est quand même plus aisé de dessiner de gros seins que de donner vie au volume et à la rondeur d'une petite poitrine. Mais ça, c'est sans compter l'aspect erotico-marketing de l'affaire.
J'avoue sans détour que le trait me plait. Non, pire, j'adore ! Même si quelques proportions bizarroïdes (des têtes notamment) sont visibles, on en reste pas moins assis sur son illustre popotin de par les couleurs magnifiques pour illustrer ces ambiances sombres. Cependant, on note du "tout au tout": soit les personnages sont magnifiques, dignes de statues grecques, soit à l'inverse, ils se révèlent réellement moches. Question de choix...
Quand bien même la thématique de la cabale se révèle très fort, le fait de prendre en compte le lecteur ne m'a pas intéressé : le récit pseudo-historique ne m'a jamais fait b*nder, les filles à gros seins, non plus.
Je ne vous révèlerai pas s'il s'agit du mythe de la véritable succube ou s'il s'agit d'un autre trésor caché. Mais ces femmes, les amants de Lilithe s'évertuent dans un complot qu'elles tiennent entre leurs poings. On ne loupera pas la très légère référence à la féminité avec les gros seins à tout va. Mais rassurons-nous ce sont des filles de "Soleil". Et ça, on ne peut pas aller à leur encontre: c'est comme une marque de fabrique.
Bilan:
Ah les filles au pouvoir c'est cool. Vas-y on en met.
Ah la conspiration c'est cool. Vas-y on en met.
Ah la mythologie égyptienne, c'est cool. Vas-y on en met.
Et maintenant... on shake.
Bon, un dinosaure, cela aurait été cool aussi, mais ils se sont peut-etre dit que pour ce tome-ci, cela ferait trop.
¨˜"°º• Les auteurs
Avec "Succubes", nous découvrons la deuxième collaboration des auteurs; des illustrations dignes de "Soleil", comme d'habitude.
Biographies issues du site de Soleil:
¤ Thomas Mosdi est né à Lille. Musicien, créateur de jeux de rôles, il se lance ensuite dans la bande dessinée. En 1991, il commence L’ÎLE DES MORTS, avec Guillaume Sorel.
S’ensuit XOCO, avec Olivier Ledroit. S’il ne renie pas une attirance marquée pour les histoires fantastiques, Mosdi déclare alors que « tout l’intéresse ». D’ailleurs, un peu plus tard, il reprend la série LES HÉRITIERS DU SOLEIL, sous la houlette de Didier Convard, qui l’a aidé à faire « ses premiers pas dans le monde de la BD ».
Depuis, abordant tous les styles de récit, Thomas Mosdi apparaît comme un auteur prolifique, éclectique et inspiré.
Parmi sa production, notons LES PASSANTS DU CLAIR DE LUNE, avec Laurent Paturaud, aux Éditions Glénat, CHIMÈRES, avec Joseph Béhé, chez Vents d’Ouest, KORRIGANS avec Manu Civiello, SHEEWÖWKEES avec Olivier Brazao, aux Éditions Delcourt, ou encore CLIFF & Co, avec Winoc, aux Éditions Bamboo.
Pour les Éditions Soleil, Mosdi a réalisé récemment LE VAMPIRE DE SACRAMENTO, dans la collection « Serial Killer », avec Fino, Vitti et Kolle, il a participé au tome 9 des CONTES DU KORRIGAN, avec Stéphane Créty.
¤ Laurent Paturaud est né en 1969 à Chartres en Eure et Loir.
Passionné par le dessin depuis son plus jeune âge, il découvre la bande dessinée à l’adolescence au travers de séries qui ont marqué plusieurs générations (THORGAL, LA QUÊTE DE L’OISEAU DU TEMPS, LES PASSAGERS DU VENT, etc.). Mais ce n’est qu’après une formation de graphiste publicitaire qu’il décide de vivre de sa passion pour le 9 ème art ! Il réalise alors de nombreuses illustrations pour le compte d’associations locales et de magazines, puis anime des ateliers BD.
En 2000, ses travaux en couleurs directes sont repérés lors du concours BDécouvertes organisé par les Éditions Glénat.
En 2001, sa rencontre avec Thomas Mosdi est décisive puisque qu’il réalise sa première série : LES PASSANTS DU CLAIR DE LUNE.
Laurent vit aujourd’hui en Normandie. Féru d’histoire et de peinture, son goût pour les grands mouvements artistiques du 19ème siècle, et en particulier la période romantique, lui a offert l’opportunité de travailler en collaboration avec Benoit Noël, docteur en histoire de l’art, sur un ouvrage commémorant les 150 ans de la première édition des FLEURS DE MAL de Charles Baudelaire.
Par ailleurs, il continue de réaliser des illustrations (ex-libris, affiches, etc.) et dirige régulièrement des stages de bande dessinée.
Blog de la série (tenu parait-il par Laurent Paturaud): http://succubes-labd.blogspot.com/
Quelques planches... cliquez pour agrandir
* expression célèbre du Code pénal de 1791
Les droits d'auteur s'appliquent à toute œuvre de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la forme d'expression, le mérite ou la destination. Tout lecteur de ce blog doit en respecter les droits de propriété intellectuelle. Il doit notamment veiller à ne pas reproduire et diffuser les articles et contributions publiées sur ce blog sur d’autres blogs, forums ou d’autres supports sans l’accord de leur auteur. Tout lecteur peut néanmoins reproduire le contenu de ce blog à des fins de consultations privées ou reproduire et diffuser de courts extraits d’un articles ou d'un message, à des fins d’information ou de recherches, en citant « Livrement, http://livrement.canalblog.com » et l'auteur (nom réel ou pseudo) de l'article ou du message.
CONEY Michael - La grande course de chars à voiles : Cat Karina & Chars Chihuahuasés
Titre : La grande course de chars à voiles
Auteur : Michael Coney
Note : 4. Livre à découvrir
"Le Chant de la Terre est supposé extrait d'un chant épique qui relate
l'histoire de l'humanité, plus quelques autres, et qui a tant proliféré
au fil des temps qu'il faudrait plus d'un siècle pour le réciter en
entier. Nous ne disposons donc que de fragments en cinq volets, La
Grande Course de chars à voiles, La Locomotive à vapeur céleste, Les
Dieux du grand loin, Le Gnome et Le Roi de l'île au sceptre."
La grande course de chars à voiles nous propulse dans un monde où la
technologie a été oubliée car elle a failli conclure sa fin. Sous les
préceptes des grands Chihuahuas, les différentes peuplades nichées au
cœur d'un Brésil méconnu, tentent de survivre à cette jungle.
La force de ce livre est la dimension « humain ». Plusieurs espèces nées de manipulations génétiques se partagent un monde aux étranges allures. Notre action se situe dans un Brésil particulier où les personnages se croisent et créent une formidable tapisserie d’actions et d’émotions. Michael Coney nous offre également un nouveau principe narratif selon lequel il est possible d’entr’apercevoir les différentes vies qu’auraient été celles des personnages. Comment ne pas entrer dans cet univers complexe et tellement intrigant ?
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Critique approfondie
Rappelons tout de même en ce petit chapeau, certes court mais non moins agréable, que ce livre m'a été donné car je le valais bien dans le cadre d'un partenariat des Editions Laffont avec B.O.B. (Blog O Book, blog-o-book.com). Et ce détail a une très grande importance, car :
1°) je n'aurai jamais lu ce livre si on ne me l'avait pas proposé (de la SF, et puis quoi encore?),
2°) mon interlocutrice privilégiée Kesalul, est quand même en or...
"Le Chant de la Terre est supposé extrait d'un chant épique qui relate l'histoire de l'humanité, plus quelques autres, et qui a tant proliféré au fil des temps qu'il faudrait plus d'un siècle pour le réciter en entier. Nous ne disposons donc que de fragments en cinq volets, La Grande Course de chars à voiles, La Locomotive à vapeur céleste, Les Dieux du grand loin, Le Gnome et Le Roi de l'île au sceptre."
La grande course de chars à voiles nous propulse dans un monde où la technologie a été oubliée car elle a failli conclure sa fin. Sous les préceptes des grands Chihuahuas, les différentes peuplades nichées au cœur d'un Brésil méconnu, tentent de survivre à cette jungle.
Les moyens de locomotion demeurent de grands chars à voiles qui se déplacent sur des rails de bois. Avec l'interdiction formelle d'utiliser des métaux, qui renfermeraient une certaine violence pour l'humanité, les chars à voiles restent lents et des transports instables. Chaque année se voit rythmée par la grande course de chars à voiles. Cette dernière bien qu'adulée, ne fait que mettre en exergue les tensions d'ores et déjà accumulées entre les deux peuples (Félinos et Vrais Humains) qui se partagent difficilement rails de bois & pays. Cependant, les exemples Chihuahuas prônant le respect des espèces, vont être très vite remis en cause...
"°º• Au tout début, enfin par là…
Pour commencer, Michael Coney a écrit le premier tome pour rendre hommage à Cordwainer Smith et puis très vite, il s'est pris au jeu avec l'écriture de deux autres tomes " la locomotive à vapeur céleste" et "les Dieux du Grand-Loin".
Quelle joie à l'ouverture du colis reçu ! Mais avec ma grande précipitation, je remarque uniquement sur internet que l'exemplaire qui se trouve dans mes mains est le numéro trois. Et là, c'est le drame. Illico Presto, je contacte Kesalul "ouais maiiiiiis, c'est pas possiiiiiiible, déjà que je vais devoir lire de la ésseffeeeeuh, tu te rends bien compte qu'avec le tome 3, j'vais encoooooore moins y rien comprendre" (gnih?!). Réponse de l'interlocutrice privilégiée et en or que représente Kesalul : calmes-toi, il s'agit en fait d'un prologue. Et là, j'me calma.
Oui, parce qu'entre nous, il ne faut pas se formaliser : impossible de coller une étiquette. Ce livre pourrait même plaire à ceux-qui-aiment-la-fantasy-et-presque-rien-que-ça, genre moi. La preuve, cela m'a séduit !
Par contre, comme tu vas lire sur le net partout, partout, l'avènement tant attendu de la libération de Starquin Le grand, mon enfant, il va te falloir attendre au moins la lecture du prochain tome pour ça. Parce que le coco, tu n'en apprends que le nom dans ce roman, et qu'en plus au début tu vas te demander si tu vas plutôt l'appeler Starqu'un ou plutôt Starqueen. Et puis, tu ne sais même pas si c'est un dieu ou un démon. Alors avant de le connaitre et ne serait-ce qu'imaginer sa libération, toi futur lecteur, tu vas commencer par apprécier les personnages de ton tome.
Et oui, car la Grande Course de Chars à Voiles est une introduction à ce monde fantastique. Il aurait fallu plus d'un livre pour l'approcher, mais ici tu vas connaitre les diverses espèces, connaitre les déclinaisons de spécimens et bien sûr tous les sentiments qui régissent cet univers. Tu en auras à te mettre sous la dent, crois-moi !
De plus, des flashback sont disponibles en rayon : et oui, si l'on veut comprendre la vie la vraie, des personnages, quelques flash back bien pensés te seront nécessaires.
Il est possible d'éprouver quelques difficultés à suivre les différentes actions. Ce n'est que par un saut de ligne qu'elles sont interrompues, et non pas par des "parties" distinctes. Bien sûr, elles existent avec un titre qui en dit un peu trop à mon goût mais elles ne débutent pas sur une nouvelle page, le texte est continu. Quelques mots espagnols sont présents ici ou là, mais faciles à interpréter. On rencontre également de l'italique qui a permis à l'auteur d'appuyer certains mots ou idées.
Et comme un "bonus", tu peux même apprendre les "aléas". Ce genre d'hypothèses de vie, où telle action aurait été préférée à une autre, ou le non choix entraîne également un destin différent. Ce sont les "aléapistes", ces bifurcations permettent d'entrevoir ce que les personnages auraient pu devenir/faire. Elles sont suffisamment nombreuses pour nous rendre curieux, mais point trop pour ne pas nous noyer. Mais si tu connais Michael Coney, tu sais qu'il aime exploiter ce genre de principe narratif : la trame et les chemins "qui auraient pu". Il est très intéressant de découvrir en soulevant ainsi le pan, les voies de vie de ces personnages qu'ils ont refusées, fermant définitivement des bouts de vie imparfaits.
Voilà comment ce livre a pu me séduire. Les différents aspects que je n'apprécie pas dans la Science Fiction s'effacent pour laisser libre court à l'imagination : il "suffit" de suivre les aventures des uns et des autres, de comprendre la problématique d'un monde qui se cherche et qui se trouve être en proie à de plus grandes problèmes qu'il n'ose définir. La dimension des peuples est la plus importante du livre, mais également la plus élaborée et soignée. La capacité de Coney a nous faire entrer dans son monde est tout simplement phénoménale. J'ai su apprécier le principe narratif du "et si..." avec les aléas proposés. Bref, une très belle découverte !
"°º• Toi, moi et Eux.
Au début, avant tout, a posteriori, dans un univers parallèle, maintenant (rayez la mention inutile), il existe l'Arc-en-ciel ; c'est un ordinateur géant inventé aux alentours du 52e millénaire. Son but est de chapeauter le tout.
Il y a fort fort longtemps (an cyclique 143642), un institut scientifique a joué avec les gènes et a créé cinq espèces d'humains : les Vrais Humains (toi, moi, eux,...), les Humains Sauvages, les Néoténites, les Spécialistes (les Félinos, les Nou n'Ours, etc.) et les Cuidadors. Se greffent les Didon, les Loups du Malheur, et autres oiseaux. A force de vouloir faire une étude poussée d'un livre, on ne fait que dissuader les lecteurs potentiels, et croyez-moi, ce n'est guère mon envie.
Notons quand même, la présence quasi inévitable de Karina. Croisement entre Vrai Humain et chat, est née la race des Félinos : souplesse, beauté, inclémence et férocité. Elle rencontrera une multitude de personnages tel le Capitaine Tonio, son fils Raoul, un Cornac et son baleinier...
Ce roman est un véritable tapisserie où chaque fil représente un personnage : l'entremêlement de ces derniers crée une fresque abondante & intrigante. Les personnages se croisent et s'entrecroisent et nous proposent une véritable myriade des caractères.
Leur destin n'est pas scellé, mais leurs différents choix sont déjà dessinés : tout est sagement pondéré par les Exemples des Chihuahuas. Ces derniers pestent contre la technologie et imposent de grandes valeurs éthiques aux différents peuples. Cependant, l'équilibre n'est pas atteint et tout mouvement de la balance engendre une infinité d'enchaînements.
"°º• Enfin
Michael Coney, écrivain britannique né en 1932 s'est mis à sa quarantaine à écrire de la Science Fiction. Il a tout d'abord reçu le prix British Science-fiction en 1977 pour son roman "Brontomek". Ce n'est que durant les années 1980, qu'il commence à écrire le grand cycle "Le Chant de la Terre"; cette œuvre originale et présentant une certaine sensibilité contemporaine a été récompensée en 1987 par le Prix Aurora.
Avant sa mort en 2005, Michael Coney a publié sur son site web plusieurs romans et des récits inédits pour en faire don à ses lecteurs.
Notons enfin que la couverture des Éditions Laffont reprend le modèle d'anciennes collections basées sur un mélange de futurisme et de psychédélique. Par ailleurs, c'est aspect chromé qui en a fait sa renommée. Espérons que l'esthétique reprise pour ces éditions saura séduire les nostalgiques.
La grande course de chars à voiles représente l'ouverture du cycle "Le Chant de la Terre". Sont disponibles par la suite :
- la Locomotive à vapeur céleste,
- les Dieux du Grand-Loin,
- le Gnome,
- le Roi de l'île au sceptre.
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D'autres avis disponibles chez :
¤ Chaperlipopette
¤ Chroniques de lecture
merci BoB :)
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FOENKINOS David - Nos séparations
Titre : Nos séparations
Auteur : David Foenkinos
Note : 6. Livre avec entrée au panthéon
Fritz & Alice sont l'un pour l'autre, leur premier amour. Ils s'aiment et pourtant, ils vont passer leur vie à se séparer. Sous le coup de multiples raisons ou excuses, le temps va jouer d'eux, les situations grotesques, les histoires de dents, le travail, les belles-familles. Les aléas de la vie sont ancrées dans leur histoire d'amour. Par le soliloque de Fritz, nous vivrons avec ces deux personnages et entr'apercevoir l'essence même de leurs liens.
Fritz est un fils de hippies, Alice fille de bonne famille : un monde entier de valeurs les sépare… et pourtant. Au fil des pages, leur histoire « allait commencer encore ». Nous découvrons une certaine décadence de l’amour ; cet amour qui possède plusieurs facettes. C’est un amour que l’on peut facilement mettre au pluriel et même pire : le conjuguer à tous les temps. On vit au rythme des mots, c’est une écriture simple, sans ambage : cela permet un partage pur, non travaillé des émotions. Quelques touches d’humour sont distillées dans les paragraphes malgré la tristesse des situations. On ressent une certaine amertume, une mélancolie du temps. On se voit dans certaines situations ; on vit avec le personnage : les angoisses véritables, les parfaits instants de bonheur. Sans détour, j'avoue que ce sont ces petits détails de l'autre, ces menus souvenirs qui font la force et la fatalité de leur amour qui m'ont séduite et touchée. A chaque page lue, nous approchons des inévitables fins qui, malgré tous les indices, les ressentis de Fritz, éclatent avec l’intensité que nous supposions. Ce livre m’a peut-être touchée plus que de raison, car c’est finalement la magie de son arrivée : il est sans doute entré chez moi à un moment particulier dans ma vie.
Quelques extraits :
* Je tentais simultanément de faire du sport pour avoir un beau torse et de lire l’intégrale de Schopenhauer pour me faire une idée précise de l’amertume. Selon plusieurs avis soudoyés, ce mélange me conférait une certaine élégance. Je pouvais peut-être envisager une vie de héros moderne. Seuls obstacles à cet héroïsme potentiel : mes insomnies. On ne peut pas sauver l’humanité sans ses huit heures de sommeil. Tous les héros dorment bien, même d’un œil. Ils maitrisent la nuit pendant que je compte tous les moutons du monde ; pas un qui m’ait jamais sauté par-dessus la ête. Il faudrait que l’un d’entre eux rate son saut. Se faire assommer par une masse laineuse endort à coup sûr.
* Oui, je sais, c’est étrange de s’appeler Fritz. Surtout quand on n’est pas allemand. Mon père avait une passion pour le roman Mars de Fritz Zorn. Ainsi, il m’était tout à fait agréable de porter le prénom d’un auteur mort à trente-deux ans d’un cancer et qui disait : « Je trouve que quiconque a été toute sa vie gentil et sage ne mérite rien d’autre que d’avoir le cancer. »
* [Le père d’Alice] s’intéressa à moi :
« Alors comme ça vous travaillez chez Larousse ?
_ Oui, c’est ça.
_ Et c’est là-bas, qu’on vous apprend à économiser vos mots ? »
* Je végétais devant la télévision, fasciné par le télé-achat, par les chaînes d’informations en continu, et, dans mon esprit vaporeux, il m’arrivait parfois de mélanger les deux et de m’imaginer que je pouvais m’acheter un attentat à Bagdad.
Ce livre est en voyage...
Il était chez Thracinée, puis a atterri chez moi. Au 30/06/09, il part chez Emma !
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