24 mars 2010

Anonyme - Le Livre du Chevalier Zifar : De la vie, des adversités et des prospérités du chevalier Zifar

zifarTitre : Le Livre du Chevalier Zifar
Auteur : Anonyme
Plaisir de lecture : liv4_copy Un livre à découvrir


Mon résumé :
Le Chevalier Zifar est maudit : tous les dix jours, son cheval meurt quoiqu’il soit fait et son roi n’en voit que les désavantages financiers. Avec sa femme et ses enfants, dans un soutien mutuel, ils partent en quête de nouvelles terres. Notre brave défenseur va connaître de tristes événements au cours de sa chevauchée : sa femme sera enlevée par des pirates, son premier fils sera le goûter d’une lionne et le second se perdra dans une ville. Notre courageux ne se laissera pas faire et prêtera main forte aux personnes dont le combat fait l’objet d’une grâce de Dieu : il sauvera Galapia et sa Reine, il infiltrera Menton l’assiégé entre autres aventures.


Mon avis en quelques mots :
Ce livre propose une de ces histoires dont nous avons l’impression d’en être un rare lecteur. Ce récit datant du XIVe siècle nous est proposé aujourd’hui par les éditions Monsieur Toussaint l’Ouverture. Au programme, nous avons beaucoup d’aventures, un brin d’ironie et des anecdotes humoristiques. Tour à tour penseur, aventurier et conteur, ce livre nous propose une belle leçon de savoir-vivre. Atout original pour un livre moyenâgeux, l’auteur inconnu met en avant la valeur de l’intelligence. Ce livre repose sur un savant mélange de morales, de bienséance et d’expériences chevaleresques hors du commun.
Un trésor à découvrir au plus vite !



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Critique approfondie



Zifar, chevalier de son état est l’objet d’une terrible malédiction : quoiqu’il fasse, son cheval meure tous les dix jours. Son roi ne voit que les dépenses pécuniaires magistrales à lui fournir tant de montures. Maintenant sans le sou, le Chevalier Zifar décide de partir pour d’autres terres, avec toute sa famille. Bien sûr, lors de leur périple, ils vont vivre mille aventures (ou pas loin). Ils vont commencer par perdre leurs enfants, Garfin fera l’objet d’un enlèvement par une lionne qui veut en faire son goûter, Roboam aura la délicatesse de se perdre dans les rues de la première ville visitée. Par-dessus le marché, Grima sera enlevée par des pirates des mers. Mais coûte que coûte, grâce à sa bravoure et à sa foi, le Chevalier Zifar est prêt à relever tout défi et à aller au bout du monde.


¨˜"°º• Où tout commença…

Les aventures du Chevalier Zifar, ce n’est quand même pas de la gnognotte, tu vois.
Il perd ses fils et sa femme, mais il a la foi : il est prêt à tout. Surtout à aider les gens, et punir les méchants. Bien que l’histoire soit prévisible et que les aventures se finissent toujours bien, quand nous ouvrons la première page de ce roman, nous avons l’impression de découvrir un trésor inestimable et lu par de rares privilégiés.

 

Ce livre repose sur un modèle de conduite à double objectif : l'honneur et le profit pour le corps et le salut des âmes. Ce procédé est habituel au cours du XIVe siècle : l'enseignement se focalise sur le binôme « corps et âme ». Cela se justifie également par une caractérisation morale du Chevalier Zifar : comportement, observation, action et réflexion. Une quelconque description physique de Zifar est totalement absente du livre. L'important est de suivre sa progression spirituelle au fil des pages.

 

Les situations narratives amènent notre héros de tous les temps (du moins du XIVe siècle) à de tristes événements. Cependant, toute décision consciencieuse, juste et raisonnable se voit gratifiée de l'aide de Dieu. Assurément, c'est davantage pour appuyer cet aspect que "Chevalier de Dieu" se révèle être un nom propre.
Le livre repose sur la proposition d'une grande leçon morale pour la conduite à tenir par son lecteur. Les expériences du Chevalier Zifar sont de nature : chevaleresques, morales, philosophiques, sociales et politiques. De quoi assurer l'éducation du bouquineur !

 

La perspective la plus captivante pour moi est l'amplification que notre auteur utilise tout au long de son récit. Il pratique l'entrelacement : l'histoire principale est truffée de petites histoires individuelles et de contes. C'est le système tant connu des poupées russes. L'auteur utilisera cette stratégie littéraire afin de mettre en avant ses connaissances ; son discours est illustré par de nombreux exemples.


¨˜"°º•  Thème, sources et autres facéties

Au vu des recherches réalisées sur l’ouvrage, ce dernier aurait été écrit à Tolède. Cette ville multiculturelle et plurilingue a joué un rôle pour la prose didactique et le modèle de « roman castillan ». A l’époque, s’y trouvaient d’importantes oligarchie mozarabe et communauté juive. C’est pourquoi le récit propose un mariage équilibré entre orient et occident.
Bien que la date d’écriture et l’identité de l’auteur restent un mystère, nous y trouvons des clins d’œil à des édits religieux et à d’autres contes. S’y sont également glissés des éléments fantastiques.

 

Le roman repose sur le patron religieux suivant avec : les quatre vertus cardinales, les sept pêchés capitaux et les trois théologales. Avec respectivement, la prudence, la tempérance, la force et la justice ; puis l’acédie ou paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie ; et enfin, la foi, l’espérance et la charité.
Il n’en demeure pas moins que le Livre du Chevalier Zifar est d’un nouveau genre parmi les romans moyenâgeux puisque l’auteur donne une valeur exceptionnelle à l’intelligence.

 

Le livre a fait l’objet de nombreux travaux : publié pour la première en 1512 par Comberger, les premières traductions françaises ont été effectuées au cours du XIXe siècle. Par la suite, il a été au cœur de multiples thèses et a même donné naissance à un livre pour enfant en 1962 et à une courte bande dessinée de quelques planches relatant l’histoire avec les navets.
La préface et les annexes prouvent par ailleurs, que la réécriture du livre n’est pas un blasphème mais doit, au contraire, être respecté. L’auteur du Livre du Chevalier Zifar souhaitait que les personnes capables de l’améliorer afin qu’il soit compréhensible de tous, y satisfassent.


¨˜"°º• Quintessence

Le prologue nous met directement dans le bain : il commence sur un fait historique et continue sur un commencement « artificiel » (créé de toutes pièces, modèle du roman à la castillane). La première partie nous emmène sur les aventures du Chevalier Zifar, la deuxième partie est un discours moraliste ininterrompu d’un père à ses fils (le plus difficile à lire d’une traite), enfin la troisième partie nous propose de suivre les aventures d’un des fils.
Les annexes se découpent en trois : les notes sont empreintes de renseignements et expliquent le choix qui s’est effectué entre les différentes propositions de traduction d’un mot, d’une phrase ou d’une expression (certaines propositions se situant l’une à l’opposé de l’autre) ; la table des matières récapitule le nom des différentes parties et chapitres, et un résumé en une phrase ; enfin le contexte du livre est les coulisses de cette histoire. Le discours est un peu difficile à suivre avec les nombreuses références bibliographiques mais se révèle une petite perle à lui seul.

 

Ce livre, en plus d’être une histoire, est un véritable objet.
La couverture marron et les illustrations dorées lui donnent un côté « relique » très tentant. Tout est « finesse » : que ce soit le rendu final, comme les choix du papier, de la police ou même la présence des signets. L’odeur du livre y contribue : il ne sent pas particulièrement le neuf, ni même la même senteur que les autres livres, mais cela plait.

Enfin, nous noterons que les illustrations de Zeina Abirached sont superbes, et que nous apprécierons les petits détails que seuls les LCA
(Lecteurs Compulsifs Anonymes) verront : La puce située en marge qui signalera les emprunts au manuscrit de Madrid et la numérotation des lignes.
Un joli produit qui vous fait dire « waaaah ».

 

Enfin, l’offre de ce Livre du Chevalier Zifar était un grand enjeu et je n’ose imaginer les investissements pour proposer un tel ouvrage ! La traduction est réalisée par des mains de maitres. Un véritable trésor !
Bref, pari tenu. Voilà un livre qui a été très attendu, qui fait pour l’instant, l’unanimité des avis et – je l’espère – qui sera découvert par un nombre toujours plus important de lecteurs.

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D’autres avis disponibles chez :
- Le Grenier à Livres de Choco,
- Les lectures de Folfaerie,
- En lisant en voyageant de Keisha.

 


  Lecture en partenariat avec Blog-O-Book :)
Je tiens à présenter mes plus plates excuses à BOB et aux éditions Monsieur Toussaint l’Ouverture pour le retard de la publication de ma critique…

bob




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30 octobre 2009

ANTHONY Piers - Lunes pour Caméléon : Momie qui soit mal y pense

XanthTitre : Lunes pour Camélon (Xanth, tome 1)
Auteur : Piers ANTHONY
Note : 5. Livre fantas...tique

Bink est un homme comme les autres. Ou presque. Agé de 24 ans, nous apprenons qu'il est à la veille de se faire exiler. En Xanth, condition nécessaire pour que les natifs continuent d’y vivre au-delà de leur vingt cinquième année : posséder un don. Cependant celui de notre cher compagnon ne s'est toujours pas révélé. Pour garder l'amour de sa vie, Sabrina et sa patrie, Xanth, Bink est prêt à tout. Même à partir sur des sentiers inconnus pour rejoindre le bon magicien Humpfrey qui pourrait l'aider dans sa révélation. Avec la trouille au ventre et armé d'une grande motivation, Bink chemine au travers les bibiniers, les raizinzins et autres cyprès detoimondieu... Mais il n'est pas au bout de ses surprises. Xanth, empreint de magie est peuplé de créatures magiques... pas piquées des vers !
Entrez dans un monde où des personnes à très grands dons peuvent changer la couleur de leur urine, où les Centaures peuvent s'appeler Chérie et où certains arbres produisent... des cakes.


Magie, créatures, humains caractériels... sur humour léger et histoire "vraie" de Xanth, Piers ANTHONY nous livre un premier tome très prometteur. Enfoncez-vous avec Bink dans un pays magique qui ne se laisse pas faire. Les calembours et autres jeux linguistiques, tels que vous n'avez jamais connu, vous accompagneront tout au long de votre lecture. Apprêtez-vous à sourire en suivant les mésaventures de Bink et à vous sentir sensible quand vous effleurerez le monde magique de Xanth.


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Critique approfondie



¨˜"°º•  Xanth, en pleine fantaisie.

xanth3 Bon, quand tu lis du Xanth, on dit que t'es dans la light fantasy.

Oui, une étiquette. Mais ce qui est important, c'est qu'il y a plein de créatures. Mais plein de chez plein.
En Xanth, la magie est particulière mais... banale. C'est même pire, tout être humain n'ayant pas de pouvoir magique ne peut pas vivre au delà de ses 25 ans et se voit vulgairement éjecté en Vulgarie. Les personnes peuvent révéler des dons qui peuvent être très forts (c'est le cas, notamment, des magiciens) et d'autres, des dons un peu... inutiles : je citais changer la couleur de l'urine, mais cela peut être faire flétrir et mourir une feuille, produire l'odeur du lait tourné ou faire jaillir du sol un rire dément.

Le roman commence très fort puisque nous sommes plongés directement dans cet univers... en y apprenant la sentence de Bink. Il fait alors le choix de partir chez le bon magicien Humpfrey pour qu'il l'aide à trouver son don et subséquemment, pour rester à Xanth avec Sabrina, l'amour de sa vie. Idéalement, tout devrait se dérouler sans encombre. Sauf que... les plans géographiques ont changé, on ne se débarrasse pas si facilement d'un centaure énervé, en échange d'un couchage on se retrouve quelques fois juré dans un procès de village et on rencontre tout un tas de monde qu'on aurait préféré ne pas croiser.


¨˜"°º•  Bien belle brochette

xanth1 Bink, notre Sans-Don-de-presque-25-ans est bien déterminé à positiver. Certes, il n’a pas de don, mais a bien du mal à se trouver d’autres qualités. Il essaye de faire le nécessaire pour rétablir une situation stable de jeune héros et de potentiel futur mari génial auprès de sa donzelle. Cependant, la vie n’est pas si facile et Bink s’entremêle les idées : il a beaucoup de mal à appréhender tout modèle féminin qu’il soit. Comment se projeter dans l’avenir quand sa seule quête est d’arriver chez Humpfrey ? Même si les autres lecteurs (pensons aux Atuaniens) ne l’ont pas ressenti, moi, Bink et bah, il m’énerve dans sa quête de la femme-mariée-parfaite et de ses sauts dans le futur pour savoir comment elle deviendra chiante et comment il y survivra. Après, il est tout aussi touchant dans son approche bancale avec elles. Somme toute, il s’agit d’un bon gaillard avec un bon fond, et finalement, cela suffit largement. Quelque couardise sera vite supprimée par son envie de faire bien. Auprès de tout et de tout le monde… car il en rencontre, du monde. Beau, hum…


Commençons par les femmes. Qu’elles s’appellent Sabrina, Iris la sorcière, Fanchon, Dee ou Wynne, Bink ne sait tout simplement pas les gérer. Quand elles ne sont pas réellement moches (comme Fanchon, mais pourtant terriblement intelligente), elles sont soit très belles… soit elles usent de leurs dons d’illusion. Comment déterminer le vrai du faux ? Et si finalement, la beauté était un critère secondaire ? Car ces donzelles, il faut les supporter. Elles n’ont pas leur langue dans leur poche, sont caractérielles ou quelques fois très bêtes. Les femmes, pour Bink, sont une grande énigme. Bilan ? Elles lui donnent du fil à retordre et le voir si embarrassé et empêtré est relativement… comique !

Après, bien sûr, vous avez des hommes. Et des méchants.
Du genre, Trent, le mauvais magicien. Des pouvoirs maléfiques, une envie de conquête, et puis un bannissement. Quitter Xanth, c’est considéré les gens comme morts… quoique. Il a l’air bien vivant, et terriblement… méchant.

Par la suite, il y a les magiques.
Nous y croisons un couple de centaures, Chester & Chérie. A sang chaud ou exquis bonbon, ces deux-là ne sont pas prêts de passer inaperçus. Au même titre que le Château Roogna qui a bien l’air de mener sa vie tout seul. Evidemment, on y croisera une foultitude d’êtres comme vous les aimez : des basiliques, des dragons, des harpies, des licornes, des mandragores et la non moins attachante Manticore du château du bon magicien Humpfrey.


¨˜"°º•  D'un conte

xanth5 Un roman. Une aventure à chaque chapitre : beaucoup de rencontres. On leur dit bonjour, on leur fait la bise et on repart… dommage ? Le rythme est plaisant, on rentre facilement dans le livre.
Ce qui caractérise vraiment ce livre est le côté fendard. Il reste léger… et c’est d’autant plus appréciable : on goûte les chapitres et on les aime. Selon les situations, l’humour est plus ou moins présent : un dosage savant. Est étroitement lié à l’humour, le jeu de Piers ANTHONY avec ses personnages : ils sont bancals, attachants, un peu vicieux et rigolards, ce qui rajoute une sacrée dose d’épices dans cette histoire.

Enfin, et non des moindres, l’histoire est truffée de calembours, des jeux de mots, des mots valises et d’autres, inventés. Et croyez-moi, la traductrice a tenu la route !
Ils sont quelques fois faciles, d’autres fois tirés par les cheveux, mais les jeux de mots m’ont ravie. C’est simple, je me suis largement bidonnée. Nous pouvons trouver entre autres : lézarve, mite-railleuse, raizinzin, le bibinier, le cresthon, le lassaule-pleureur et d’autres phrases du genre « Rien Nasser de courir », « Tel qui rit vendredi, dimanche pleure Râ », « très sphinx nitouche ». Mon préféré reste le « cyprès detoimondieu ».

Et à tous ceux et celles qui se permettraient des rapprochements du genre… ça ressemble à du Terry Pratchett ou à du Catherine Dufour, je dirai « que nenni ». Lisez et vous comprendrez :)

Vous l’aurez compris : une histoire fraiche, légère, humoristique et … magique. Que du bon !


¨˜"°º•  Alors

xanth4Piers ANTHONY est un écrivain américain, né en 1934. Ses œuvres les plus connues restent (les livres magiques de) Xanth.

Malheureusement pour nous, pauvres francophones ;  A l’heure actuelle, seuls… HUIT tomes d'origine sur trente-deux existants ont été traduits et publiés en français. La première édition appartient aux Presses Pocket, sous le nom de «les livres magiques de Xanth ». Milady, en 2009, s’applique à les rééditer au format poche. De disponibles :
- Lunes pour Caméléon, tome 1
- La source de magie, tome 2
- Château-Roogna, tome 3
- L’(A)ile du centaure, tome 4
- Amours, délices et ogres, tome 5
- Cavale dans la nuit, tome 6
- Dragon sur piédestale, tome 7
- La tapisserie des gobelins, tome 8
A ce jour, les vingt-trois autres restent disponibles en anglais.

A noter que le cycle a été adapté en jeu vidéo pour PC sous le titre Companions of Xanth, sous Legend Entertainment en 1993.

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banniereatuan

La lecture de ce livre s'est réalisée dans le cadre du Cercle d'Atuan.
Retrouvez les critiques des membres: 
Arutha, Iani, Olya, Ryuuchan, Spocky, Tigger Lilly, Tortoise

Et allez chez Biblioblog pour lire l'avis de Coeur de Chêne

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Posté par Acr0 à 23:28 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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